La FSE réclame une demande d’enquête de la santé publique sur la violence et l’intolérance dans les milieux scolaires
28 mars 2026
Depuis plusieurs mois, le Québec assiste, impuissant, à une recrudescence de la violence et de l’intolérance sous toutes ses formes.
De plus en plus fréquemment, nous voyons dans nos commerces, nos centres sportifs et nos services des affiches réclamant le respect du personnel. Le nombre grandissant de féminicides nous déchire chaque jour. Les conflits et les batailles se multiplient également dans nos rues. Les réseaux sociaux sont des nids d’insultes et de déversement de haine, surtout envers les femmes. Quelque chose ne tourne pas rond. Nous sommes sincèrement inquiets de cet état des lieux, qui nous affecte tous.
Malheureusement, les écoles et les centres de formation sont directement touchés par cette tendance. De la maternelle à la formation professionnelle, les enseignantes et enseignants du Québec sont témoins ou victimes, quotidiennement, de gestes d’incivilité, de violence physique et verbale, d’intimidation, de racisme, de sexisme, de misogynie, d’une montée du masculinisme et de l’intolérance. Heureusement, ils sont aussi témoins de persévérance et de belles réussites. Nous avons une belle jeunesse dont il faut impérativement se préoccuper.
L’école, en tant que milieu de vie, doit être protégée et être, pour les élèves et les enseignants, un environnement sain et sécuritaire, propice aux apprentissages.
Dans les dernières années, nous avons réalisé de multiples sondages, rapporté des situations dans les médias, mené des campagnes publicitaires, élaboré des protocoles d’intervention, mis en œuvre des plans de lutte contre la violence et dénoncé avec véhémence les compressions dans les ressources. Force est d’admettre que tout cela, bien que louable, n’est pas suffisant. Nous pensons qu’il est grand temps de poser des gestes concrets pour apaiser la souffrance vécue dans les établissements scolaires. Il faut renverser la tendance.
Pour agir, il faut d’abord comprendre. Des groupes demandent à juste titre une enquête nationale sur la violence, notamment dans le cadre de la campagne du X mauve. Il s’agit d’un très bon pas en avant. C’est avec cette même volonté de faire changer les choses que nous réclamons aujourd’hui, tous ensemble réunis, la tenue d’une enquête de la santé publique sur la question de la violence et de l’intolérance dans les écoles et les centres de formation du Québec.
Il y a urgence d’agir! Le climat dans nos écoles est trop souvent malsain, ce qui affecte directement les élèves et les enseignants. Enseigner, c’est préparer l’avenir. Agissons pour offrir au Québec de demain des adultes ouverts à la différence et capables de dialoguer, conformément à la mission de socialisation de l’école québécoise.
Nous avons trop lutté pour instaurer une société respectueuse de toutes ses citoyennes et de tous ses citoyens pour rester les bras croisés devant ce glissement intolérable et alarmant.
Nous pensons que cette nécessaire enquête publique pourrait être le point de départ d’une grande conversation nationale, comme le réclame la CSQ, où toutes les voix exprimées respectueusement pourront être entendues.