Francisation
La francisation au Québec
Conséquemment à la volonté gouvernementale de régionaliser l’immigration, un nombre toujours grandissant de personnes immigrantes s’installent à l’extérieur des pôles habituels d’immigration. En effet, au gré du recrutement international de la part des employeurs, du regroupement familial qui s’ensuit ou de la conjoncture mondiale, diverses communautés culturelles s’installent dans les banlieues du Grand Montréal et dans les régions du Québec. De ce fait, dans plusieurs régions, le nombre d’élèves issus de l’immigration ou allophones est en croissance dans les écoles et les centres. Trop souvent, l’offre de services pour ces élèves demeure insuffisante.
La francisation des adultes
Alors qu’au secteur des jeunes, la francisation est une responsabilité entière des centres de services scolaires et des écoles, au secteur des adultes, une coordination entre le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), le ministère de l’Éducation et plusieurs autres ministères et organisations s’est installée par la création d’un nouvel organisme : Francisation Québec. La FSE-CSQ suit de près les travaux de cet organisme ainsi que les effets de ses politiques sur les centres de l’éducation des adultes (CÉA).
Le point de vue de la FSE-CSQ
La FSE s’inquiète de la stagnation des inscriptions dans de nombreux CÉA après avoir dénoncé, soutenue par ses membres mobilisés, les compressions en 2024-2025. Elle fait valoir les besoins du personnel enseignant de la francisation et la nécessité d’une coordination efficace avec notre réseau. Elle est d’avis que la francisation en personne reste le meilleur accompagnement pour intégrer la société québécoise, le marché du travail et les formations des DEP ou postsecondaires. Pour la FSE, les CÉA ont sans contredit leur rôle à jouer.
La francisation au secteur des jeunes
Au secteur des jeunes, les enseignantes et les enseignants sont d’avis que l’intégration à la classe ordinaire d’élèves incapables de communiquer et de comprendre les cours en français crée une surcharge de travail et nuit à ces élèves, s’ils n’ont pas accès à un service intensif suffisant. Ces derniers ont de grands besoins : la compréhension de la langue, la familiarisation avec un nouvel environnement et une autre culture et, pour certains, le rattrapage des apprentissages liés à leur grand retard scolaire. S’il semble évident que l’apprentissage et l’intégration à la société québécoise passent par une connaissance suffisante de la langue dans laquelle est dispensé l’enseignement, obtenir les services adéquats l’est moins.
Ce qu’en pense la FSE-CSQ
Pour la FSE-CSQ, il est essentiel que des mesures soient mises en place pour faciliter et soutenir l’arrivée de chacun de ces élèves dans les écoles québécoises. Les CSS doivent se doter de protocoles d’accueil complets, procéder à l’évaluation des nouveaux arrivants et leur attribuer les services intensifs de francisation nécessaires. Elle estime que l’ouverture de classes d’accueil supplémentaires est le meilleur moyen pour répondre adéquatement aux besoins des élèves là où le nombre d’élèves à franciser le permet. Elle soutient que la régionalisation de l’immigration demande également une coordination forte des acteurs locaux avec les centres d’éducation des adultes, présents sur tout le territoire québécois.
La FSE-CSQ poursuivra ses démarches afin que les élèves issus de l’immigration ou allophones reçoivent les services qui répondent à leurs besoins.