Autonomie professionnelle

Ce n’est pas d’hier que la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) défend le respect de l’autonomie et du jugement professionnel des enseignantes et enseignants. Elle a par ailleurs profité de l’étude du projet de loi no 40 qui a modifié la Loi sur l’instruction publique (LIP) au début de 2020 pour exercer une fois de plus un syndicalisme professionnel. En effet, si au moment de son dépôt, ce projet de loi était essentiellement négatif, la FSE-CSQ a fait bien plus que le dénoncer. Elle a aussi proposé des solutions et des modifications. Grâce à cette posture professionnelle, la FSE-CSQ a influencé l’évolution du projet de loi avant son adoption sous bâillon et, de cette façon, a obtenu de nouveaux droits pour le personnel enseignant.

La FSE-CSQ a déployé l’offensive professionnelle Maîtres de notre profession! afin de les expliquer et de les défendre.

Les enseignantes et enseignants ont deux nouveaux droits et une nouvelle obligation:

  • L’expertise pédagogique inscrite clairement dans la loi

    L’adoption du projet de loi no 40 a apporté des changements aux droits des enseignantes et enseignants rendant des plus explicites la reconnaissance de l’expertise pédagogique du personnel enseignant.

    Par ailleurs, le ministre de l’Éducation ne pouvait être plus clair à propos des modifications à la loi :

    « Donc, on dit : toi, comme enseignant expert, tu dois prendre des modalités pour faire l’intervention pédagogique. Donc, c’est toi et personne d’autre, comme enseignant expert, qui s’occupe de la pédagogie. On dit ici : “L’enseignant a le droit de diriger la conduite du ou des groupes qui lui sont confiés… de choisir la démarche pour la préparation et la présentation de ses cours.” » [affirmation du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, le 15 janvier 2020, lors de l’étude détaillée du projet de loi no 40]

    La position de la FSE-CSQ : Nous sommes Maîtres de notre profession!

    • Nous sommes des professionnelles et professionnels de l’enseignement et, à cet égard, nous ne pouvons être relégués à un rôle d’exécutant de pratiques pédagogiques imposées.
    • Les recherches en éducation alimentent nos choix d’approches et de méthodes pédagogiques, mais ne doivent pas les dicter.
    • Bien qu’une concertation soit possible en matière d’évaluation, l’uniformisation des pratiques évaluatives ne peut pas nous être imposée (sous réserve des épreuves imposées par le ministre, le centre de services scolaire ou la commission scolaire).
    • Nous devons être consultés dans la décision de passage d’un élève de l’éducation préscolaire au primaire et du primaire au secondaire.

    Pour plus de détails, consultez La Dépêche FSE ou visionnez cette capsule vidéo.

  • La compétence exclusive du personnel enseignant concernant l’attribution d’un résultat suivant une évaluation

    Depuis le 1er juillet 2021, la compétence exclusive du personnel enseignant concernant l’attribution d’un résultat suivant une évaluation est reconnue explicitement dans la LIP.

    Comme l’a rapporté le Journal de Québec :

    « M. Roberge souhaite ainsi protéger les enseignants des modifications de note imposées par des directions d’école, mais également les mettre à l’abri des pressions de parents, qui espèrent voir le résultat de leur enfant rehaussé. » [DION-VIENS, Daphnée, et Patrick BELLEROSE (2020). « Réforme des commissions scolaires : Roberge met de l’eau dans son vin », Le Journal de Québec (14 janvier)]

    La position de la FSE-CSQ : Nous sommes Maîtres de notre profession!

    • C’est nous qui déterminons les résultats suivant une évaluation. Toute manipulation de résultats par qui que ce soit est interdite par la loi.
    • La direction doit nous justifier par écrit sa demande de révision d’un résultat.
    • À la suite d’une demande de révision d’un résultat, nous avons le choix de le maintenir ou de le modifier à la baisse ou à la hausse selon notre jugement professionnel.

    Pour plus de détails, consultez La Dépêche FSE ou visionnez cette capsule vidéo.

  • La formation continue

    Quant à la formation continue, les enseignantes et enseignants ont l’obligation depuis le 1er juin 2021 de compléter 30 heures d’activités de formation continue sur une période de deux ans.

    Une « activité de formation continue » est une activité structurée à laquelle l’enseignante ou l’enseignant participe, notamment un cours, un séminaire, un colloque ou une conférence. La lecture d’ouvrages spécialisés est également reconnue. Est aussi visée toute participation à titre de formatrice ou formateur à une telle activité.

La FSE-CSQ a créé une application Web, l’appliProf, pour faciliter la compilation des heures de formation continue effectuées.

Si vous vivez des problématiques en lien avec le respect de votre expertise pédagogique, l’attribution de vos résultats suivant une évaluation ou le choix de votre formation continue, contactez votre syndicat local.