Nos fédérations en questions-réponses: Richard Bergevin joue le jeu
14 juillet 2026
Par Alyssa Landry, stagiaire aux communications
N.D.L.R. Tout au long de l’été, nous mettons en lumière les bons coups des fédérations de la CSQ. Pour cette édition, nous nous sommes entretenus avec Richard Bergevin, président de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ).
Alyssa Landry (A. L.) : Selon vous, quel a été le meilleur coup de la fédération cette année?
Richard Bergevin (R. B.) : Lors d’une rencontre avec le Syndicat de l’enseignement de la région de Vaudreuil, nous avons invité les enseignantes et les enseignants à nous faire part des difficultés vécues en classe. Plusieurs ont pris la parole pour nous raconter leur réalité. Le principal enjeu soulevé concerne le nombre considérable d’élèves allophones dans certaines classes, dont des cas extrêmes où l’on compte jusqu’à 18 élèves allophones pour seulement 2 élèves francophones.
Pour répondre à cette situation, nous avons entrepris des démarches auprès du ministère de l’Éducation. Nous avons notamment eu l’occasion d’échanger avec la ministre Sonia Lebel afin de trouver des solutions concrètes. Une somme de 16,8 millions de dollars a été débloquée pour soutenir le personnel — une mesure qui touche l’ensemble des centres de services scolaires. Nous sommes très heureux de ce résultat, qui démontre que nos interventions peuvent entraîner des retombées concrètes pour le milieu.
A. L. : Quelle action de la fédération vous a le plus marqué?
R. B. : C’est en collaboration avec la CSQ et les fédérations du milieu scolaire que nous avons élaboré un protocole visant à contrer la violence dans nos établissements. Cet outil permet aux personnes déléguées et aux directions d’échanger plus efficacement dans les écoles, tout en rappelant l’importance de suivre les étapes prévues afin de protéger le personnel victime de violence. Ce protocole est maintenant de plus en plus suivi au sein des établissements.
A. L. : Y a-t-il une victoire ou un dossier dont vous êtes particulièrement fier cette année?
R. B. : Nous avons organisé un colloque sur la valorisation de la profession enseignante, en insistant sur le fait que nous sommes maîtres de notre profession. Nous avons aussi sondé 5 700 enseignantes et enseignants, ce qui nous a permis de rédiger la Déclaration de la profession enseignante, qui a été soutenue par 500 personnes présentes lors du colloque. Nos membres seront invités à y apposer leur signature l’an prochain et nous entendons prendre d’autres moyens pour la faire connaître. Ce document met en lumière la force du personnel enseignant et reconnaît les défis importants qu’il rencontre dans l’exercice de la profession.
A. L. : Comment la fédération a-t-elle réussi à défendre ses membres cette année?
R. B. : Nous avons amorcé l’année dans un contexte difficile, marqué par les compressions budgétaires. En effet, le gouvernement avait imposé un plafond au nombre d’heures que nous pouvions travailler chaque semaine. Cette mesure a eu pour effet de réduire les services d’aide offerts aux élèves.
Nous sommes rapidement intervenus pour rappeler que les enseignantes et les enseignants sont rémunérés sur une base annuelle et non en vertu d’un taux horaire. Nos interventions ont permis d’étendre la limite d’heures travaillées par le personnel de soutien et professionnel, et ainsi permettre un meilleur soutien aux élèves, tout en allégeant la tâche des travailleuses et des travailleurs.
A. L. : Quel projet ou événement organisé par la fédération a été le plus positif, selon vous?
R. B. : Le balado Prof : ma fierté, animé par Pierre Hébert et sa conjointe, est sans contredit l’un des projets dont nous sommes le plus fiers. Cette année, nous avons constaté une hausse importante de son auditoire. Ce qui est particulièrement encourageant, c’est que les gens ne se limitent pas seulement aux nouveaux épisodes, ils prennent aussi le temps de découvrir les saisons précédentes. C’est un bon indicateur que le contenu demeure pertinent et que les efforts investis portent leurs fruits.
Nous avons aussi misé sur la diffusion d’extraits du balado sur les réseaux sociaux, ce qui a contribué à accroître la visibilité de nos différentes plateformes et à rejoindre un public encore plus large.
A. L. : Quel message positif retenez-vous de cette dernière année ?
R. B. : Ce fut encore une année fort occupée et le milieu de l’éducation se complexifie, mais il ne faut pas perdre confiance. La pénurie de main-d’œuvre est une phase difficile à traverser, mais je demeure persuadé que cela va finir par se régler. Des élections arrivent à grands pas, on va donc assister à des changements. Ne perdons pas espoir, restons solidaires, forts et unis.
A. L. : Quel objectif devrait absolument être poursuivi l’an prochain?
R.B. : Il faut tout d’abord préparer la prochaine négociation. À cette fin, nous allons rapidement consulter nos membres pour identifier leurs priorités. Nous voulons faciliter le travail du personnel enseignant et proposer des solutions à nos membres ainsi qu’au gouvernement qui sera en place à l’automne. Nous voulons aussi encourager le prochain gouvernement à investir en éducation pour améliorer la qualité des services et les conditions de travail des enseignantes et des enseignants.