Le cri du coeur du personnel enseignant
29 mai 2026
Alors que nous entamons le sprint final avant les vacances estivales et à l’aube de la campagne électorale qui suivra, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) est fortement interpellée par les enseignantes et enseignants qu’elle représente aux quatre coins du Québec. Sans surprise, leur message est partout le même : il s’agit d’un véritable cri du cœur collectif pour que l’on prenne enfin soin du personnel enseignant afin de lui permettre, à son tour, de mieux prendre soin des élèves.
Malgré un rattrapage salarial nécessaire, les enseignantes et enseignants ont été particulièrement éprouvés ces dernières années, notamment en raison d’un agenda législatif chargé qui a ciblé la profession enseignante. Celui-ci a, entre autres, entrainé l’imposition d’un code d’éthique abusif, l’évaluation bisannuelle, des contraintes liées à la formation continue, la baisse des exigences quant à la formation initiale ainsi que l’ajout de nombreux encadrements brimant leur autonomie professionnelle.
Ces situations s’ajoutent aux enjeux déjà présents dans notre système d’éducation, comme la pénurie de main-d’œuvre, la recrudescence inouïe de la violence et des incivilités envers le personnel, la surcharge de travail, le délabrement des bâtiments et le sous-financement du réseau. Sans compter les lois antisyndicales qui mettent à mal la représentation et la défense des droits des enseignantes et enseignants.
Ce ne sont pas les conditions souhaitées pour faire progresser l’éducation, peu importe le gouvernement en place. Le personnel enseignant doit pouvoir aspirer à mieux. Les élèves et leurs parents aussi.
La formule actuelle ne fonctionne plus. Nous avons besoin d’un changement de cap radical dans le réseau scolaire. Nous avons besoin de confiance, de respect et de moyens. Nous avons besoin d’un financement prévisible et suffisant. Nous avons besoin d’une école qui favorise l’égalité des chances, en plaçant chaque élève au bon endroit, avec le bon service, dans une classe équilibrée. Nous avons besoin de passer plus de temps à enseigner et moins de temps à évaluer pour établir des statistiques. Nous avons besoin d’oxygène pour avancer. Nous avons besoin d’un temps d’arrêt et d’une réflexion en profondeur pour se mettre au diapason des objectifs communs que le réseau doit poursuivre.
En cette période électorale, nous invitons l’ensemble des partis politiques à se mettre à l’écoute des enseignantes et enseignants. Forts de leur expertise et de leur expérience, ils savent quels chemins emprunter et quelles solutions mettre de l’avant. D’ailleurs, au fil des consultations menées par la FSE-CSQ, une multitude de données ont permis de dégager des orientations pertinentes et réalistes pour l’avenir de l’éducation au Québec. Le personnel enseignant saura les inspirer et les guider afin que l’éducation redevienne la formidable locomotive sociale, culturelle, linguistique et scolaire qu’elle a été pour le développement du Québec.
Les enseignantes et enseignants doivent voir la lumière au bout du tunnel et retrouver le sens de leur engagement professionnel. Ils veulent bien plus que porter l’école à bout de bras. Ils souhaitent retrouver l’espoir, l’écoute et, surtout, les moyens de faire briller les élèves qui leur sont confiés.
Richard Bergevin, président